1000e question! Memoriale Domini et Redemptionis sacramentum

Sur la question de la communion et du pape, il a d’abord interdit cette communion (12/10/65) en créant un Concilium suite aux abus de la Hollande en ce domaine qui a tranché pour stopper la communion dans la main; puis suites aux pressions et abus qui continuaient il accorde une concession là où on le jugerait nécessaire pour éviter plus de scandales qu’il n’y en avait déjà (Memoriale Domini) N’êtes-vous donc pas d’accord pour dire qu’un indult n’est pas la norme mais l’exception qui est accordée pour éviter des scandales plus graves (une exception ayant pour but de disparaître une fois les choses apaisées)? Et que si l’exception (c’est à dire les abus, puisque l’exception était clairement accordée le temps de stopper les abus) devient majoritaire, ça n’en fait pas pour autant une règle dans l’Église? C’est ainsi que j’entends également la remarque sur “le diable” : ce n’est pas le souverain pontife qui est visé ici mais les forces subversives qui profitent de la miséricorde du pape envers son troupeau, pour généraliser les abus. En union de prières, pour que le Saint Esprit ait pitié de nous et restaure l’unité déjà bien attaquée avec la question liturgique et les restrictions liés au virus dans les paroisses.

Nous sommes très fiers de répondre à la 1000e question depuis la reprise du site en 2015, avec une nouvelle équipe de rédaction. Pour cet événement, nous entrons plus profondément dans le mystère de l’Eucharistie.

Cette question a le grand avantage de faire référence à Memoriale Domini (https://laportelatine.org/documents/magistere/linstruction-memoriale-domini-1969) de 1969.

Nous serions heureux d’avoir la référence exacte d’une interdiction en 1965 à partir du cas des Pays-Bas car les débats dans ce pays sur ce point datent de 1963. De même, qu’est-ce qu’un « un concilium suite aux abus de la Hollande » alors qu’un Concile œcuménique était en cours, celui de Vatican II?

Pour en revenir à Memoriale Domini, nous sommes d’accord que le texte n’encourage pas la communion à la main à ce stade et qu’il demande de temporiser. Mais il ne ferme pas la porte et il n’est nulle part question d’indult. Donc, pour répondre à la question, non, nous ne sommes pas d’accord, car elle est posée en termes biaisés. Au contraire, le document commence par rappeler que « de nos jours des changements importants et nombreux ont été introduits dans le rite de la célébration de l’Eucharistie, afin qu’il réponde mieux aux besoins spirituels et psychologiques des hommes d’aujourd’hui. De plus, dans la discipline relative au mode de participation des fidèles au divin sacrement a été rétabli, dans certaines circonstances, l’usage de la communion sous les deux espèces du pain et du vin, qui était autrefois commun, également dans le rite latin, et qui ensuite est progressivement tombé en désuétude. L’état de choses ainsi instauré s’était déjà généralisé au moment du Concile de Trente, lequel le sanctionna et le défendit par une doctrine dogmatique, parce qu’il convenait à la situation de cette époque.

Par ces éléments de renouveau, le signe du banquet eucharistique et l’accomplissement fidèle du mandat du Christ sont devenus plus manifestes et vivants. Mais en même temps, ces dernières années, la participation plus complète à la célébration eucharistique, exprimée par la communion sacramentelle, a suscité çà et là le désir de revenir à l’ancien usage de déposer le Pain eucharistique dans la main du fidèle, lequel se communie lui-même en le portant à sa bouche. ».

S’il est effectivement très prudent à propos de la communion à la main et ne généralise pas cette pratique à ce stade,

  • il acte bien que la communion à la main est la forme traditionnelle de communier, « tombée en désuétude » ensuite
  • il énonce clairement la nécessité de répondre aux besoins spirituels et psychologiques des fidèles, ce qui peut laisser entendre en creux que la communion à la bouche ne le permet plus, ou plus complètement
  • l’allusion à la communion sous les deux espèces montre tout aussi clairement que ce qui est licite au départ peut être revisité et repris si c’est pertinent, même si cela nne se pratiquait plus pendant un temps donné
  • il ne ferme pas la porte à cette forme de communion à la main mais se contente de le faire très prudemment, et avec un consensus épiscopal.

Du coup, parler d’ « abus », « pressions », « scandales » est… Abusif, pour ne pas dire plus. Nous sommes très étonnés de l’acharnement – nous en sommes à la 10e question sur le même thème depuis avril et nous faisons grâce au lecteur des commentaires – que certains mettent à propager ce mythe d’un Paul VI qui aurait autorisé la communion à la main sous emprise (y compris du diable comme l’indique la question : https://www.reponses-catholiques.fr/st-paul-vi-est-il-le-diable/). D’une part, nous le disons pour la quatrième fois, il ne s’est pas laissé faire pour publier Humanae vitae contre l’avis de la majorité des fidèles et du clergé, donc il était tout à fait capable de prendre des décisions en son âme et conscience. D’autre part, il ouvre déjà la porte dans Memoriale Domini. Enfin, TOUS les papes suivants ont maintenu la communion à la main, comme le prouve encore Redemptionis sacramentum en 2004.

S’il faut répondre 1000 fois la même chose pour défendre et propager la foi de l’Eglise, c’est parti jusqu’à la 2000e question !

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