Adorer qui?

Qui a jamais dit que l’adoration était la seule façon de prier ? Vous semblez publier un article pour solder un incident que vous avez vécu directement. Pardon pour vos contradicteurs. Je ne les connais pas. L’unité entre les chrétiens est importante. Après, j’ai vécu des temps d’adoration silencieuse chez les carmes, et des expositions du saint sacrement chez les bénédictins. Je ne sais pas s’ils le font en plus de leur règle, en tous cas ils en semblent contents. Et puis je crois que Jésus aime beaucoup ça. Je vais adorer et je crois que le Père me le revaudra. “Mon Dieu je crois, j’adore, j’espère et je vous aime. Je vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui N’ADORENT PAS et qui ne vous aiment pas”. Comprenez-moi, je témoigne et ne juge personne. Paix aux hommes !

Nous sommes heureux de cette question parce qu’elle nous permettra de montrer à quel point il est nécessaire de bien discerner dans la vie spirituelle, avec ce que cela implique de nuance. Pour répondre directement, nous ne savons pas qui l’a dit, car ce n’est pas la question qui nous était posée. Rappelons que la question de départ qui a déclenché quelques commentaires interrogateurs ensuite était : https://www.reponses-catholiques.fr/quest-ce-quune-adoration-du-st-sacrement-et-faut-il-en-faire/. La question ne porte donc pas sur l’unicité de l’adoration eucharistique comme mode de prière mais sur l’obligation à en faire : « Faut-il en faire » Et la réponse que nous apportons est « non ». Bien sûr, nous recommandons d’en faire fréquemment. Cependant on n’est pas dans le « falloir », mais dans le vouloir, et d’être inspiré pour cela. Et oui, malheureusement, nous voyons trop de fidèles qui par zèle mal ajusté, cherchent à l’imposer. Les réactions que nous avons reçues le montrent amplement.

Que le lecteur se rassure, en revanche, nous ne soldons rien de personnel car nous ne connaissons pas les auteurs des questions. Le prestataire informatique transmet juste un email et un pseudo, nous ne savons même pas si la même personne se présente avec différents pseudos. Mais nous avons été témoin de dérives, et nous illustrons nos articles avec.

Par exemple, nous nous réjouissons que des carmes et des bénédictins soient « contents » de leurs adorations eucharistiques. Mais,effectivement, ce n’est pas forcément une obligation de leur règle. A l’inverse, notre dernière retraite était dans une abbaye bénédictine où il n’y pas eu d’exposition du St Sacrement pendant tout notre séjour. De même, lors d’une retraite à l’école des saints du Carmel, des retraitants ont demandé avec insistance une adoration eucharistique tous les jours. Le frère carme qui prêchait la retraite ne l’a pas souhaité. Il a invité les retraitants à entrer dans la démarche de la retraite, qui était de découvrir l’oraison carmélitaine. C’est exactement ce que nous disons. Plutôt que de chercher à imposer l’adoration eucharistique quand ce n’est pas le lieu ou le moment, être humble pour se couler dans la proposition spirituelle que l’Eglise fait dans ces circonstances-là.

Car l’expression « Je vais adorer » tout court qui s’entend bien souvent, n’est pas juste. Adorer qui ? En effet, la formule suppose une façon unique d’adorer, alors que si on parle d’ « adoration eucharistique », c’est bien parce qu’il y a d’autres manières, non seulement de prier, mais aussi d’adorer. Employer cette expression risque de le faire oublier. On chante chaque dimanche dans le Gloria qu’on adore le Père. Ce n’est pas pareil que d’adorer le Christ dans le Saint-Sacrement. Ni le « O Trinité que j’adore » de Ste Elisabeth de la Trinité. Si on prend au sérieux la Trinité, dire « je vais adorer » sans précision pour aller à une adoration eucharistique, est impropre. D’ailleurs, la prière donnée aux voyants de Fatima que la question cite parle bien d’adoration, mais en dehors de tout contexte d’adoration eucharistique. Bien sûr, on adore Dieu le Fils dans la Sainte Hostie mais Il dit lui-même à la Samaritaine qu’on peut aussi adorer le Père hors de la Présence réelle. Tout exclusivisme ne peut être fécond dans la vie spirituelle. Et quand il cherche à contraindre les autres, le risque est grand de ne pas donner de bons fruits. L’auteur de cette question-ci est sage d’aller à son adoration eucharistique – et nous espérons qu’il peut y aller fréquemment –  sans « juger » personne.

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Commentaires

  1. Le touriste

    Une fois de plus vous filtrez le moustique et vous avalez le chameau.

    Vous avez été témoin de moments où des catholiques ont demandé à toute force l’adoration eucharistique, dans un contexte qui ne s’y prêtait pas. C’est ce contentieux-là que vous soldez, en parole verticale descendante, pontifiante et méprisante. C’est d’autant plus contre-productif que dans l’incident initial, même des fervents adorateurs pouvaient vous donner raison. SI le thème d’une retraite est l’oraison carmélitaine, et la participation volontaire, il ne faut pas trop s’étonner de ce que l’adoration eucharistique alors soit provisoirement mise de côté pour découvrir d’autres façons de prier.

    Vous en êtes maintenant à votre 3e article sur un incident auquel vous avez assisté seul, et qui vous a inspiré un article que vos lecteurs ne demandaient pas. Ca ressemble quand même à un contentieux personnel.

    Maintenant, j’attends toujours votre rétractation pour avoir utilisé une expression profondément choquant et irrespectueuse de Notre-Seigneur. Votre titre initial était, à propos de l’adoration eucharistique : “faut-il en faire tout un plat”. Posez donc la question, en ces termes, à la Vierge Marie au pied de la Croix. Allez-y. Méditez la Passion et les sept paroles du Christ en Croix, et demandez au Seigneur s’il faut faire “tout un plat” de l’adoration eucharistique. Allez-y.

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