Applaudir dans une église?

Lors d’un concert donné dans une église, les auditeurs ont applaudi. Un des assistants a protesté en disant qu’on ne devait jamais applaudir dans un lieu saint. Merci de me dire si vous pensez comme lui ou s’il a tort.

« Tous les peuples, battez des mains, acclamez Dieu par vos cris de joie ! » nous dit le Psaume 46 au verset 2. Il nous semble que c’est suffisant pour répondre à la question.

 Etre dans une église implique une attitude de décence et, si une cérémonie religieuse (messe, liturgie des Heures, veillée de prière etc) s’y déroule, une attitude de piété. Mais on ne voit pas pourquoi les fidèles, ou les participants à un concert, ne pourraient pas applaudir lors d’un mariage, une ordination, des vœux religieux, un baptême etc. Le tout est que cela se fasse dans un certain calme, sans débordement, et ne perturbe pas la bonne tenue de l’office en question en l’empêchant de reprendre après un temps raisonnable de quelques minutes d’applaudissements.

 N’importe quelle veillée de prière charismatique implique de taper des mains en chantant ou d’applaudir à certains propos de l’intervenant. Or, elles se déroulent bien, le plus souvent, dans une église.

 La personne qui a fait cette remarque devrait davantage méditer la Parole de Dieu et prier avec ses frères à l’église. Elle en tirerait un grand profit spirituel.

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Commentaires

  1. Vincent

    Bonjour,

    Cet article complète élégamment le votre en y apportant des précisions qui aident à comprendre une attitude maladroite – rigoriste ? – pour ouvrir une discussion.
    https://www.famillechretienne.fr/vie-chretienne/liturgie/la-reponse-du-pere-alain-bandelier-applaudir-dans-l-eglise-37492
    ainsi que ce petit recueil de citations, dont celle de Benoit XVI (dont je ne trouve pas de trace ailleurs) « Chaque fois que des applaudissements éclatent dans la liturgie à cause d’une réalisation humaine, c’est un signe certain que l’essence de la liturgie a totalement disparu ».

  2. LAMY

    Bonjour

    Le psaume 46 v 2 ne précise nulle part que cela doit être fait dans un lieu saint.

    Saint Jean XXIII a déjà demandé que l’on n’applaudît pas :
    https://schola-sainte-cecile.com/2014/07/28/templum-dei-templum-dei-saint-jean-xxiii-sur-le-respect-du-aux-lieux-saints/

    “«Je suis très heureux d’être venu ici. Mais si je dois exprimer un souhait, c’est que dans l’église, vous ne criez pas, que vous ne tapiez pas dans vos mains, et que vous ne saluez même pas le pape, parce que « Templum Dei, templum Dei »”

    Saint Jean Chrysostome, dans son Homélie sur les actes des Apôtres (n°30), interdisait fermement les applaudissements :
    https://livres-mystiques.com/partieTEXTES/Chrisostome/actes/actes30.htm

    “Bien des gens font tout ce qu’ils peuvent pour parvenir à parler longtemps devant la foule, et s’ils obtiennent les applaudissements du public , ils sont plus heureux que l’empereur : mais si leur discours se termine au milieu du silence, cet accueil froid et muet leur est plus pénible que l’enfer. Ce qui a bouleversé les églises , c’est que vous ne demandez point des discours qui vous remplissent de componction, mais qui vous charment par l’harmonie et l’arrangement des mots, comme si vous écoutiez des chanteurs et des musiciens ; et nous autres , nous prenons un soin ridicule et déplorable pour flatter vos goûts que nous devrions combattre.

    4. Nous ressemblons à un père trop faible pour un enfant chétif, qui ne lui donnerait que des gâteaux , des friandises insignifiantes, ruais rien de nourrissant. Aux reproches des médecins, il répondrait : Que voulez-vous? Je ne puis pas voir pleurer un enfant. Malheureux, insensé et traître, indigne du nom de père ! Ne valait-il pas mieux le chagriner un instant pour lui rendre la santé, que de lui donner ce plaisir éphémère qui doit causer une douleur continuelle. Voilà ce que nous faisons, nous aussi quand nous travaillons à faire un discours élégant, bien disposé, harmonieux, afin de plaire au lieu d’être utiles; pour amuser, non pour toucher; pour recueillir des éloges et des applaudissements, mais non pour corriger les moeurs.

    Croyez-moi, car je sais ce qu’il en est quand on m’applaudit dans un discours, je sens que je suis homme (pourquoi n’avouerais-je pas la vérité?), je me réjouis, je m’exalte. Mais rentré chez moi, je songe que ceux qui m’ont applaudi n’ont rien gagné à m’entendre; du moins, le peu de profit qu’ils en ont tiré s’est perdu avec le bruit des applaudissements : alors je me tourmente, je gémis et je pleure; il me semble, dans mon découragement, que mes discours ne servent à rien, et je me dis à moi-même : à quoi bon toutes mes sueurs, si ceux qui m’écoutent ne veulent point profiter de mes paroles?

    Souvent j’ai songé à établir comme règle de défendre les applaudissements, et à vous persuader d’écouter en silence et dans une attitude convenable. Laissez-moi dire, je vous en prie, et croyez-moi : si vous y consentez, établissons dès à présent cette règle qu’il ne soit permis à personne. d’interrompre l’orateur par des applaudissements. Si quelqu’un veut admirer, qu’il admire en silence : personne ne l’en empêchera, et tout ce qu’il a de zèle et d’ardeur sera mieux employé à retenir le discours. Pourquoi applaudissez-vous? J’établis une règle là-dessus et vous ne pouvez pas l’observer, même en l’écoutant. Il en résultera une foule d’avantages, et notre sagesse en profitera beaucoup. Quand les philosophes païens parlaient, il n’y avait jamais d’applaudissements : pendant les prédications des apôtres jamais on n’a dit que l’auditoire les eut interrompus par des applaudissements. Cela sera un grand profit pour nous. Mais convenons bien de cela pour que les auditeurs restent tranquilles et l’orateur aussi. Quand même, après avoir applaudi, on retiendrait encore en s’en allant quelque chose de ce qu’on aurait entendu , cette manière d’approuver ferait toujours mauvais effet; mais je n’insiste pas là-dessus, de crainte de paraître trop sévère. Enfin, puisque cette coutume ne peut être que nuisible, détruisons cet obstacle, supprimons ces élans et coupons court à ces emportements de l’âme. Le Ch rist parla sur la montagne, et tout le monde garda le silence jusqu’à la fin de son discours. Je ne prive de rien ceux qui aiment à applaudir; au contraire, ils admireront davantage. Il vaut bien mieux écouter en silence, et pouvoir en tout temps, chez soi et ailleurs, applaudir par réflexion, que de rentrer sans rien rapporter et sans savoir pourquoi on a applaudi. Une pareille manière d’entendre n’est-elle pas ridicule? n’est-ce pas à la fois une flatterie et une dérision que de (151) vanter l’éloquence d’un orateur sans pouvoir expliquer ce qu’il a dit? C’est là une flatterie, que l’on comprendrait seulement chez celui qui entendrait des musiciens et des tragédiens, car il sait bien qu’il n’en pourrait faire autant : ici, quand il ne s’agit plus de mélodies et de belles voix, mais de sagesse et de raisonnements, comment excuser celui qui ne pourrait rendre compte du plaisir que lui a causé l’orateur? Rien ne convient mieux dans une église que le silence et le bon ordre. Le tumulte est à sa place dans les théâtres, les bains, les fêtes et les marchés, mais l’endroit où l’on enseigne les dogmes divins doit être le refuge du calme, de la tranquillité et de la sagesse ce doit être un port à l’abri des orages. Sachez-le tous, je vous en prie et je vous en conjure. Je cherche toutes les manières imaginables de me rendre utile à vos âmes : en voilà une qui me semble bien importante; elle me sera aussi profitable qu’à vous-mêmes. Elle nous préservera des chutes où pourraient nous entraîner l’amour des éloges et de la gloire; elle nous engagera à chercher dans nos discours l’utile plutôt que l’agréable; et à préférer sans cesse la force des pensées au choix et à l’arrangement des mots. Entrez dans l’atelier d’un peintre, vous y remarquerez un grand silence. Qu’il eu soit de même ici. car la noblesse des couleurs que nous employons ne permet pas de tracer des portraits de particuliers, mais seulement des images royales. Qu’est-ce donc? vous applaudissez encore? Je vois qu’il est difficile de vous détourner de ce travers, qui cependant n’est pas naturel et ne provient que d’une mauvaise habitude. Notre langue est un crayon, et le Saint-Esprit est l’artiste qui le dirige. Dites-moi, quand on administre les sacrements, voit-on du trouble, du tumulte? Dans les baptêmes, ou dans toute autre cérémonie, le calme et le silence ne règnent-ils pas? Le ciel même s’en réjouit ! Aussi les Grecs non convertis blâment vos applaudissements, comme si nous faisions tout pour la gloire et l’ostentation. Mais, dira-t-on, si l’on parvient à les supprimer, il n’y aura plus d’émulation? Il doit suffire, à celui qui aime les louanges, de les recueillir en comptant les fruits de sa prédication. Aussi, je vous en conjuré, établissons cette loi; afin que, faisant tout pour la gloire de Dieu, nous méritions sa clémence, par la grâce et la miséricorde de son Fils unique, Notre-Seigneur Jésus- Ch rist, auquel, ainsi qu’au Père et au Saint-Esprit, gloire, puissance et honneur, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

    Il convient donc de ne pas applaudir, peu importe ce que font des charismatiques.

    Bonne journée

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