Comment discerner sa vocation ?

Je souhaite discerner ma vocation mais ignore par où commencer. Pourriez-vous m’indiquer comment faire pour démarrer le processus de discernement ?

Voilà une belle façon de commencer l’année. Que 2022 soit l’année de la réponse. Car, plutôt que d’être un « processus », la vocation est un appel du Seigneur. Vocare, en latin, veut dire « appeler ». Il est important de garder à l’esprit que c’est le Seigneur qui appelle d’abord et qu’on ne fait que lui répondre. Ou pas.

L’autre point important à garder à l’esprit et dans son cœur, c’est que Dieu est bon et qu’Il nous appelle toujours vers plus de vie. Il ne nous envoie pas au casse-pipe. En outre, comme Il est bon, Il est miséricordieux. Si on fait un choix qui nous semble ne pas répondre à un appel du Seigneur, notre vie n’est pas fichue pour autant. Il sera à nos côtés quelle que soit le chemin qu’on suit.

Enfin, comme disent les jésuites, on ne discerne jamais entre le bien et le mal. Le mal, il n’y a pas à le faire, point et il n’y a rien à discerner. Un choix vocationnel n’est jamais par défaut. On discerne toujours entre le bien et le meilleur.

Ces propos préliminaires sont pour dire que tout état de vie vécu chrétiennement est bon : le sacerdoce ou la vie consacrée sont bons. Toutes les formes de vies consacrées reconnues par l’Eglise sont bonnes. Le mariage est bon. Même le célibat laïc – à condition qu’il soit vécu chrétiennement, donc dans la chasteté – est meilleur qu’un mauvais mariage fait par défaut. Toutes les missions, toutes les professions sont bonnes, pourvues qu’elles ne soient pas contraires aux commandements de l’Eglise et faites pour la gloire de Dieu. Devenir aide-soignant dans un foyer des Missionnaires de la Charité à Calcutta est bon. Être trader dans une grande banque peut être bon aussi, si ce métier est exercé pour la plus grande gloire de Dieu. Et c’est possible.

La grande tradition spirituelle catholique donne les moyens de discerner sa vocation. Pour cela :

  • La première et dernière chose à faire est de prier quotidiennement pour être éclairé par le Seigneur. Une recherche vocationnelle implique qu’un temps de prière d’au moins 20 min soit mis en place dans la journée, avec lecture de l’Ecriture tous les jours et, au moins pour ceux qui se posent la question de la vie consacrée, si possible la messe quotidienne
  • On n’est jamais chrétien tout seul. Un choix vocationnel important se discerne avec l’aide d’un accompagnateur spirituel. Celui qui n’en a pas et se pose des questions vocationnelles doit s’en trouver un rapidement
  • La vocation est toujours incarnée. Dieu nous appelle dans ce que nous sommes, concrètement, pas comme de purs esprits éthérés. La vocation s’éprouve, c’est à ça que servent les fiançailles ou le noviciat. Mais même avant ces étapes-là, il convient de savoir de quoi on parle : fréquenter assidument la personne qu’on envisage d’épouser, passer du temps avec elle. Faire des stages dans les monastères, les congrégations où se voit candidater. Faire des stages dans les mouvements d’Eglise où on veut s’engager et se renseigner, écouter des témoignages, rencontrer des responsables etc.

Pour s’aider, l’accompagnateur spirituel peut orienter vers diverses propositions d’Eglise. Les fiançailles et la préparation au mariage sont là pour ceux qui envisagent de se marier. Pour les vocations consacrées :

  • Chaque diocèse a un Service des vocations, pour garçons et filles. On peut rencontrer un responsable, rejoindre un groupe de regardants, se faire aider pour trouver un accompagnateur
  • Des fraternités de prêtres, des monastères ou congrégations proposent des journées portes-ouvertes, des weekends de réflexion comme le cycle de weekends Aimer et servir pour les filles attirées par la vocation ignacienne
  • Cela peut permettre de connaitre les propositions possibles et choisir les lieux pour faire un stage de quelques jours. Nous recommandons de voir au moins 3 ou 4 monastères, séminaires ou congrégations pour se faire vraiment une idée. Pas la peine d’en voir 10, cependant, ça commencerait à tourner au tourisme spirituel et ce n’est pas le signe d’une vocation solide
  • Toujours reboucler avec son accompagnateur à chaque étape
  • Enfin, une retraite de discernement en silence d’au moins une semaine est indispensable pour que le Seigneur ait le temps de parler et confirmer l’appel. Les Exercices spirituels de St Ignace ont été justement conçus pour faire ces choix de vie décisifs.
  • Le corollaire de cette retraite, c’est qu’il faut fuir à toutes jambes les lieux où l’on est trop pressé et où l’on vous demande de rentrer tout de suite, sous prétexte de faire comme les disciples qui ont tout quitté sur le champ pour suivre le Christ. Si le temps n’est pas pris pour une retraite de discernement, c’est que ce ne sont pas des endroits sérieux.
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