Lire la Bible pour comprendre l’Assomption ?

Pourquoi ne pas lire la bible pour avoir la réponse ? Serait elle fausse ou inexacte, ou incomplète?Qu’est ce que Jésus dit de sa mère ? (en prenant en compte tout ce qu’il dit)… Que dit la bible elle même si on ajoute des enseignements ?.. Que chacun cherche avec sincérité, le cœur ouvert, la vérité.(“que ceux qui ont des oreilles entendent,…..”)

De fait, pour répondre à cette question qui commente notre article https://reponses-catholiques.fr/faut-il-croire-en-la-dormition-ou-lassomption/, la Bible dit très peu de choses directes sur ce thème de la Dormition/Assomption. Elle dit tout de même une chose fondamentale en Apocalypse 12, 1-6 ; 13-17 : « Un grand signe apparut dans le ciel : une Femme, ayant le soleil pour manteau, la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles. Elle est enceinte, elle crie, dans les douleurs et la torture d’un enfantement. Un autre signe apparut dans le ciel : un grand dragon, rouge feu, avec sept têtes et dix cornes, et, sur chacune des sept têtes, un diadème. Sa queue, entraînant le tiers des étoiles du ciel, les précipita sur la terre. Le Dragon vint se poster devant la femme qui allait enfanter, afin de dévorer l’enfant dès sa naissance. Or, elle mit au monde un fils, un enfant mâle, celui qui sera le berger de toutes les nations, les conduisant avec un sceptre de fer. L’enfant fut enlevé jusqu’auprès de Dieu et de son Trône, et la Femme s’enfuit au désert, où Dieu lui a préparé une place, pour qu’elle y soit nourrie pendant mille deux cent soixante jours. (…) Et quand le Dragon vit qu’il était jeté sur la terre, il se mit à poursuivre la Femme qui avait mis au monde l’enfant mâle. Alors furent données à la Femme les deux ailes du grand aigle pour qu’elle s’envole au désert, à la place où elle doit être nourrie pour un temps, deux temps et la moitié d’un temps, loin de la présence du Serpent. Puis, de sa gueule, le Serpent projeta derrière la Femme de l’eau comme un fleuve, pour qu’elle soit emportée par ce fleuve. Mais la terre vint au secours de la Femme : la terre ouvrit la bouche et engloutit le fleuve projeté par la gueule du Dragon. Alors le Dragon se mit en colère contre la Femme, il partit faire la guerre au reste de sa descendance, ceux qui observent les commandements de Dieu et gardent le témoignage de Jésus. »

Cette femme est la Vierge Marie, puisqu’elle est mère de « celui qui sera le berger de toutes les nations, les conduisant avec un sceptre de fer », ce qui est une description classique du Messie et s’applique donc à Jésus. Elle est « dans le Ciel », reçoit « des ailes » et elle préservée du mal (le Dragon) et de la mort puisque le fleuve ne l’emporte pas. Enfin, elle est mise en lieu sûr. C’est donc ce texte qui est la base scripturaire de l’Assomption et c’est bien pourquoi il est lu lors de cette solennité. Mais il est aussi une base du dogme de l’Immaculée conception : la femme en question est préservée du mal, donc du péché.

D’autres textes disent indirectement des choses très intéressantes sur ce sujet. « Le salaire du péché, c’est la mort », nous dit St Paul (Rm 6,23), synthétisant ainsi l’apparition de la mort en Genèse 3, quand, après avoir mangé le fruit défendu, Adam et Eve se voient fermer l’accès à  l’arbre de vie. La Sagesse de Salomon ne dit pas autre chose : c’est le péché qui entraine la mort.

Dès lors, quelqu’un sans péché peut être sauvé de la mort. Non pas ne pas mourir, ce n’était pas le cas d’Adam et Eve avant la Chute : il aurait fallu qu’ils passent par la médiation du fruit de l’arbre de vie. Mais d’être sauvé de la mort. Ce qui est bien ce qu’exprime l’Assomption. Marie est sauvée de la mort, corps et âme, immédiatement après la fin de sa vie terrestre.

Qu’est-ce qui permet de dire qu’elle est épargnée par le péché ? Outre l’extrait d’Apocalypse 12 que nous venons de commenter, l’évangile de l’Annonciation, en Luc 1,28 : l’Ange lui dit « Je te salue, pleine de grâce », en grec kekharitôménè, de kharis, « grâce ». On peut traduire de différentes façons cette expression mais la notion de kharis est bien présente. Or, c’est le même mot, kharis, qui est employé pour Jésus en Lc 2,40, pour dire qu’il grandit « en sagesse et en grâce ». Cette grâce est spirituelle, elle va bien plus loin que la beauté physique. Elle est la même pour Marie et Jésus. Or, ce qui caractérise bien Jésus, c’est d’être sans péché, rempli, lui aussi, de la grâce divine.

Par conséquent, nous sommes tout à fait d’accord pour dire que la Bible donne des réponses pour « qui a des oreilles pour entendre ». Et elle en donne bien sur l’Assomption.

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