Ne pas se marier pour maitriser sa fécondité ?

Comment conjuguer le devoir conjugal avec la maîtrise de la fécondité tout en sachant que les préservatifs et les contraceptifs sont interdits par l’Eglise. J’hésite à me marier pour cette raison car respecter le devoir conjugal semble difficilement compatible avec l’interdiction des moyens contraceptifs sans commettre de péché …

On ne se marie pas que pour faire des enfants, mais enfin on se marie aussi pour cela. C’est même un des quatre piliers du mariage chrétien (cf. https://reponses-catholiques.fr/mariage-naturel-et-mariage-sacramentel/). Il faut donc se demander ce que l’auteur de la question implique par « maîtriser sa fécondité ». « Maîtriser » jusqu’où ? Un enfant, deux enfants, quatre enfants ? Bien sûr très rares sont les gens qui, de nos jours, sont prêts à élever dix ou treize enfants. Mais combien se limitent à un ou deux là où des familles de trois, quatre ou cinq enfants sont des signes de joie et de vitalité ?

Sur un plan pratique, il n’est pas peccamineux de maîtriser sa fécondité pas des méthodes naturelles. Contrairement à ce qu’une propagande volontiers cathophobe répand, les méthodes actuelles sont plus efficaces, ou au moins autant, que des contraceptions artificielles : certaines méthodes naturelles ont une efficacité de 90%, ce qui est autant que le préservatif, et mieux que la pilule, dont l’efficacité n’est que de 85%, sans parler des risques sanitaires et écologiques qu’elle induit. Quant au stérilet, rappelons que ce n’est pas une méthode contraceptive car il est potentiellement abortif : une catholique ne doit pas y avoir recours. Idem, bien sûr, pour les pilules dites « du lendemain » ou « du surlendemain ». Enfin, les ligatures sont des atteintes à l’intégrité physique de la personne et sont aussi à proscrire.

Nous encourageons donc l’auteur de la question à se former. Car « hésiter à se marier » est problématique : le mariage est un sacrement, c’est un état de vie sanctifié. Les alternatives de la vie consacrée ou, pour les hommes, d’un ministère ordonné, sont aussi des voies de sanctification. Par ailleurs, bien des gens ne trouvent pas à se marier, ou estiment qu’ils ne doivent pas dire « oui » à X ou Y car ils discernent que ce ne sera pas une bonne union. Mais vouloir rester célibataire dans l’absolu si on n’a pas d’empêchement au mariage (pour raison psychologique ou médicale, par exemple) ou un engagement d’Eglise qui le justifie n’est pas forcément juste. En tous cas, refuser d’avoir des enfants sans motif ecclésial ou sanitaire ne l’est pas.

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