Peut-on avoir des enfants après 35 ans?

Ma femme approchant des 35 ans, je me pose une question morale sur les tentatives d’obtenir de nouveaux enfants. En effet, avec l’âge, les risques d’avoir une fausse couche augmentent, et deviennent assez élevés passé 35 ans. Nous avons déjà eu la grâce d’avoir un enfant (mené à terme et en bonne santé) donc nous ne sommes pas en situation de désespoir sur notre descendance. Donc, est-ce que tenter d’avoir d’autres enfants ne serait pas prendre le risque de tuer un enfant par fausse couche ? Vaut-il mieux créer la vie tout en risquant de perdre cette vie précocement, plutôt que de ne pas créer au départ ?

Bien sûr, nous ignorons tout de l’état de santé de l’épouse en question, si elle présente des risques de fausses couches supérieurs à la moyenne des femmes de son âge et si elle a subi des fausses couches, avec le traumatisme qui y est lié. Mais, dans un cas général, la question pose vraiment de nombreux problèmes pour un catholique.

D’une part, 35 ans ? Mais le lecteur sait-il combien de femmes ont des enfants en parfaite santé après 35 ans, et même 40, voire 45 ? C’est, Dieu merci, l’écrasante majorité.

Deuxièmement, s’il valait mieux ne pas créer de la vie parce qu’elle risque d’être perdue précocement, d’une part Dieu n’aurait pas créé la vie tout court, d’autre part, personne n’aurait d’enfant. Tout enfant risque de mourir précocement et, malheureusement, ça arrive parfois. Refuser la vie parce qu’elle risque d’être abrégée, c’est une mentalité qui justifie, de fil en aiguille, tous les eugénismes et même l’euthanasie. C’est Dieu qui donne la vie, pas les parents qui ne font que la transmettre. Heureusement qu’Elisabeth n’a pas raisonné ainsi quand elle a été enceinte de Jean-Baptiste et qu’elle y a vu une grâce plutôt qu’une “question morale”.

Ensuite, que veut dire « Nous avons déjà eu la grâce d’avoir un enfant (mené à terme et en bonne santé) donc nous ne sommes pas en situation de désespoir sur notre descendance. » ? Un catholique donne la vie parce que c’est un don de Dieu qu’il contribue à faire bénéficier un autre être humain, pas pour avoir une descendance. Comme le dit le théologien Stanley Hauerwas : « « Nous avons le courage d’appeler des enfants à l’existence en ce monde parce que notre espérance ne se trouve pas dans ce monde mais en Dieu qui nous a appelés à entrer dans son Royaume par l’oeuvre du Christ (…) Les chrétiens ne mettent pas leur espérance dans leurs enfants mais leurs enfants sont le signe de leur espérance. »

En outre, que veut dire « tuer un enfant par fausse couche ? » Les parents ne sont en rien responsables de la fausse couche et ils ne « tuent » pas leur enfant, ils lui donnent une chance de vivre et, la chance, par définition, on n’en a pas toujours. Parler de le « tuer » est très inquiétant sur le plan psychologique. Dieu merci, même la législation civile en France stipule encore que donner la vie est un bien et que les parents ne sont en rien coupables des malheurs involontaires subis par l’enfant. Autrement, si on pousse le bouchon jusqu’au bout, la société serait en droit de poursuivre toute femme de plus de 35 ans qui s’est aventurée à être enceinte et qui fait une fausse couche ? Et tout homme qui a conçu l’enfant ? Au traumatisme de la perte du bébé, il faudrait ajouter une culpabilité totalement injuste ? Ca ne vient certainement pas du bon esprit.

Le Pape François a récemment appelé les hommes à avoir des enfants : Audience générale – “N’ayons pas peur d’assumer le « risque » d’accueillir des enfants”, affirme le pape François (la-croix.com). Que va faire l’auteur de la question au lieu d’avoir des enfants ? Prendre un chien ou un chat pour son enfant unique plutôt que de lui donner des frères et sœurs ?

Enfin, un aspect de la question ne doit pas être négligé. Comment ce couple contrôle s’il doit donner la vie ou non ? Par une contraception naturelle ? Ou par des moyens, on n’ose plus tellement en parler mais, chez www.reponses-catholiques.fr, nous osons, que l’Eglise a toujours rejetés ?

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Commentaires

  1. Guy

    Pour la rédaction de Réponses Catholique : je prie pour que vous vous remettiez rapidement de la tristesse, du malheur ou autres circonstances qui provoquent chez vous ce tel manque de bienveillance et d’empathie et, pour que personne d’autres ne connaisse ce genre de circonstances.

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