Pourquoi l’éthique chrétienne pour tous ?

Comment réconcilier ce conflit entre Etat et Eglise en sachant que tout le monde ne partage pas nos convictions sur l’homosexualité, l’avortement, PMA et autres sujets d’éthique. Même les personnes qui se revendiquent catholiques divergent sur ces sujets. En tant que catholiques, nous aimerons voir les Etats gouverner dans le respect de la loi divine et naturelle. Légiférer conformément à la foi catholique ne serait pas imposer nos convictions sur les autres qui ne les partagent pas forcément ? Saint Jose Maria Escriva parle de la ”Sainte coercition” dans son livre Chemin dans un contexte différent. Existe-t-il une “sainte coercition” dans le cas de l’homosexualité par exemple ? Comment cela ne violerait pas le fait qu’on ne force pas les gens à devenir catholiques ou adopter ses convictions ? Dans votre article du 17 aout 2022 intitule ”Dieu est-il mauvais ?”, vous affirmiez que ” …chacun est libre de croire ce qu’il veut mais, enfin, un chrétien croit en la Parole de Dieu”. Ou se termine cette liberté de croire en ce que l’on veut ?

 

Voilà une question à laquelle nous ne savons pas répondre à court-terme, car le conflit entre Etat et Eglise n’est pas réconciliable, tant que les gouvernants continueront à apostasier leur catholicisme et à nier l’évidence, à savoir qu’une nation doit être fidèle à son baptême.

 

La liberté de croire à ce que l’on veut se termine à l’adhésion de foi, ou non, au Christ. Si l’on est chrétien, on croit en Jésus-Christ et on est fidèle à sa Parole. Si l’on est fidèle à sa Parole, on est fidèle à celle qu’Il a mandatée pour la transmettre au monde, l’Eglise catholique. Si l’on est fidèle à l’Eglise catholique, on est fidèle à son Magistère. Et sur ces sujets sociétaux et bioéthiques, le Magistère s’est exprimé et un catholique doit s’y conformer. C’est ce que Saint Jean-Paul II explique dans Veritatis Splendor.

 

Qu’il y ait de nombreux catholiques qui divergent sur l’Enseignement de l’Eglise n’enlève rien à la validité de cet Enseignement. Que des gens soient perméables à toutes sortes d’erreurs, de contorsions éthiques et de distorsions comportementales pour se soumettre à l’air du temps, c’est vrai dans toutes les cultures et toutes les époques.

 

La « sainte coercition » évoquée par St Josémaria est la prière. Evidemment, on peut prier pour des personnes homosexuelles comme pour tout un chacun. Mais c’est un acte de liberté d’être catholique ou non.

 

Et si l’on est catholique, c’est qu’on pense que le catholicisme est ce qu’il y a de plus bénéfique pour tous. Qu’une société doive être gouvernée selon l’éthique chrétienne est la moindre des choses pour un chrétien. S’il n’a pas compris que cette éthique est la meilleure possible, y compris pour les non-chrétiens, c’est qu’il ne croit pas que c’est Jésus-Christ qui est le Sauveur. Il croit à d’autres voies de salut en concurrence avec l’Evangile et aplatit ainsi le rôle salvifique et divin de Jésus. Bref, « il croit à ce qu’il veut ». Mais il n’est pas chrétien.

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Commentaires

  1. Michel MICHEL

    Les lois naturelles s’imposent à tous. Les lois spécifiquement chrétiennes ne s’imposent qu’au chrétiens. Dans une société chrétienne – la Chrétienté – l’adhésion des consciences est facilitée par les mœurs et coutumes des communautés. Dans les sociétés non chrétiennes et postchrétiennes. on n’est pas “plus libre” et les comportements justes peuvent devenir héroïques…
    En société chrétienne comme en société non-chrétienne on est conditionné par les coutumes et lois civiles. C’est pourquoi, la prise du pouvoir peut être considérée comme une charité supérieure.
    La tolérance vis-à-vis des comportements contraires à la loi naturelle ne peut être que provisoire et ne se justifie qu’autant que le repression serait pire que la transgression.

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