Pourquoi un changement de l’Eglise vis-à-vis des Juifs?

Comment expliquer que l’Église soit passée de la Théologie de la Substitution à celles des deux Alliances, dans laquelle il implique que la Bible, à la fois juive et chrétienne, offre deux voies d’accès au salut ? Le Christ n’est-il pas Le Chemin, La Vérité et La Vie ?

 

Effectivement, le Christ est le Chemin, la Vérité et la Vie et Il est surtout Dieu. Il est donc une des parties de l’Alliance entre Dieu et Israël, sauf à dire que le Dieu du Sinaï n’est pas le Dieu Trinité que les chrétiens adorent. On aurait alors deux dieux, un pour l’Ancien Testament et un pour le Nouveau, ce qui est l’hérésie marcionniste rejetée par l’Eglise depuis le IIe siècle.

 

Or, Dieu ne renie pas ses promesses (Rm 9, 4 et 11, 29), sauf à dire qu’Il est un menteur. Il ne renie pas les promesses faites à Israël, ce que plusieurs textes du Nouveau Testament confirment : « Nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs. » (Jn 4, 22) ; « Je dis donc : Dieu a-t-il rejeté son peuple ? Loin de là ! Car moi aussi je suis Israélite, de la postérité d’Abraham, de la tribu de Benjamin. Dieu n’a point rejeté son peuple, qu’il a connu d’avance. (…) Si toi [le païen], tu as été coupé de l’olivier naturellement sauvage, et enté contrairement à ta nature sur l’olivier franc, à plus forte raison eux seront-ils entés selon leur nature sur leur propre olivier. » (Rm 11, 1-2 ; 24)

 

Bref, l’Eglise ne dit que ce que l’Ecriture dit. Il n’y a pas deux voies de salut, il y en a une seule, dans laquelle les Juifs sont embarqués à leur manière. Savoir comment comprendre que la Parousie viendra après la conversion des Juifs est une autre affaire.

 

La théologie a également évolué de manière plus conjoncturelle après la Deuxième guerre mondiale. Quand Hitler disait « Ce que je déteste chez les Juifs, c’est qu’ils ont introduit la morale dans le monde », il soulignait bien en creux leur rôle dans ce qu’on appelle « l’économie du salut ». Que Juifs et chrétiens se soient retrouvés dans les mêmes camps sous l’oppression de nazis néo-païens, comme St Maximilian Kolbe à Auschwitz ou les baraques des prêtres à Dachau a obligé à une relecture. D’une part revisiter comment des baptisés ont pu commettre ces atrocités et piétiner à ce point leur foi chrétienne, ce qui est largement connu. Mais d’autre part, comment ces mêmes ont « mis dans le même sac », si l’on peut dire, Juifs et chrétiens engagés. Il fallait signer un document d’apostasie du christianisme pour entrer dans la SS ou accéder aux plus hautes fonctions du régime nazi. La haine du christianisme et celle du judaïsme sont donc liées. On ne peut pas séparer l’olivier sauvage de l’olivier franc. Ni en bien pour le salut, ni en mal pour éradiquer ceux qui témoignent de la présence de Dieu sur cette terre. L’Apocalypse se trouve bien illustrée : « Et le dragon fut irrité contre la femme [la Vierge Marie], et il s’en alla faire la guerre au reste de sa postérité, à ceux qui gardent les commandements de Dieu [les Juifs] et qui ont le témoignage de Jésus. » (Ap 12, 17)

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