Questions d’éthique publique d’un déiste: maladies psychiatriques et vote RN (4/5)

Je voulais vous demander comment savoir qui a raison entre les protestants, les catholiques et les orthodoxes. Je suis “déiste” donc je crois en Dieu et je me sens plus attiré par le Christianisme, du coup j’ai commencé à prier le Notre Père, le Gloria etc mais est-ce une affaire de sensibilité ou de raison pour le fait de savoir qui a raison entre l’une des trois branches. Car à part les miracles qui m’orientent vers le catholicisme et la liturgie plus carrée, plus solennelle que les divers protestantismes. 7° Je voulais savoir aussi que dis l’Eglise catholique sur la schizophrénie et ses symptômes ? Et comment considère-t-on les schizophrènes et les malades psychiques en général ? 8° Peut-on voter en âme et conscience pour le Rassemblement National et Marine Le Pen si l’on est catholique ? (4/5)

7° Sur la question des maladies psychiques, l’Eglise ne dit pas grand-chose, à part que, comme toutes personnes fragiles, ces personnes doivent être traitées avec le plus grand respect et soignées au mieux. Elle dit aussi que la maladie psychique n’est pas incompatible avec une vie spirituelle féconde et l’accès aux sacrements. Par exemple, le jésuite Surin, qui avait manifestement de graves problèmes psychiatriques, a été un grand spirituel.

Ce que l’Eglise ne dit pas, c’est que ces maladies sont d’origine démoniaque. Le lien avec le mal n’est pas impossible : on sait par exemple que la drogue et l’alcool peuvent favoriser la schizophrénie. Mais il n’est pas automatique. Par exemple, 85% des personnes se présentant au service d’exorcisme du diocèse de Paris relèvent de problèmes divers ou psychiatriques, et non d’un exorcisme proprement dit. Ce qui laisse tout de même 15% qui sont vraiment possédés par un démon. Elles n’ont pas forcément de maladie mentale pour autant.

8° Sur le vote RN, la question est redoutable en période électorale. A partir du moment où le candidat Macron a mis en avant son opinion favorable à de très graves transgressions morales contre les plus fragiles comme l’euthanasie, qui peut « en conscience » voter pour lui ? Tout catholique sait que c’est un des points non-négociables de la Doctrine sociale de l’Eglise. Certes, Emmanuel Macron a dit que ce n’était que son opinion personnelle et qu’il ferait une grande consultation, mais il avait dit la même chose pour la PMA sans père et on a vu le résultat : alors que les Français se sont massivement déclarés contre lors des Etats généraux de la bioéthique, Macron n’a tenu aucun compte de leur avis et est passé en force. Sur l’euthanasie, il a refusé d’empêcher la mise à mort de Vincent Lambert, bien qu’interpelé directement et au mépris de plusieurs décisions de justice et de traités internationaux sur la protection des personnes handicapées. Et que penser d’un candidat qui se dit contre l’avortement à 14 semaines et qui laisse passer la loi contre le Sénat, l’avis de la plupart des médecins et autres parties prenantes. Rappelons que le fœtus est déchiqueté lors de son avortement. Quelle hypocrisie !

Que le lecteur ne pense pas que nous faisons pour autant de la propagande pour Marine Le Pen : il est piquant de voir que nous avions eu la question inverse en 2017 : https://reponses-catholiques.fr/elections-et-liberte-de-conscience-pour-les-catholiques/; https://reponses-catholiques.fr/consignes-de-vote-et-eglise/. La réponse peut être la même : à partir du moment où aucun candidat n’avait un programme fidèle à l’Evangile (ne serait-ce que sur les points non-négociables que sont l’avortement ou le mariage homosexuel), qui peut dire qu’un catholique ne pourrait « voter en âme et conscience » pour Untel ou Unetelle ? Comme on dit, « au 2e tour, on élimine ».

Chacun vote donc en conscience pour le candidat répondant au mieux, ou le moins mal, sur les autres thèmes qu’il juge importants : politique, économie, social, stratégie internationale, santé, culture, libertés publiques, sécurité etc. Pour ce faire, les évêques ont publié cette année aussi des repères de discernement… Sans donner de consignes de vote : https://eglise.catholique.fr/sengager-dans-la-societe/eglise-et-politique/lesperance-ne-decoit-pas-reperes-de-discernement-sur-la-vie-sociale-et-politique-en-2022/

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