Questions d’un déiste. Que lire ? (1/5)

(1/5) Je voulais vous demander comment savoir qui a raison entre les protestants, les catholiques et les orthodoxes. Je suis “déiste” donc je crois en Dieu et je me sens plus attiré par le Christianisme, du coup j’ai commencé à prier le Notre Père, le Gloria etc mais est-ce une affaire de sensibilité ou de raison pour le fait de savoir qui a raison entre l’une des trois branches. Car à part les miracles qui m’orientent vers le catholicisme et la liturgie plus carrée, plus solennelle que les divers protestantismes. 1° Peut-on lire la Bible si l’on est catholique ? 2° Que doit-on lire à part le Catéchisme de l’église catholique ? 

Tout d’abord, nous sommes très heureux que ce lecteur déiste ait cette démarche pour se rapprocher de Dieu et pour mieux connaitre le Christ. Qu’il ait commencé à prier des prières chrétiennes est une excellente chose. Il peut avoir foi que le Seigneur lui répondra d’une manière ou d’une autre.

Evidemment, comme nous sommes www.reponses-catholiques.fr, nous lui répondrons que c’est l’Eglise catholique qui a la plénitude de la foi. On pourrait en dire presque autant des églises orthodoxes qui partagent 99% de la même foi avec les catholiques. Le point de divergence essentiel est sur l’autorité du Pape que les Orthodoxes ne reconnaissent pas sur les autres évêques, alors qu’elle se fonde sur l’Ecriture : « Et moi, je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et que les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle. » (Mt 16, 18). Le Pape étant le successeur de Pierre, ce que les Orthodoxes ne contestent pas.

Nous avons regroupé les questions par thèmes, et nous alternerons les réponses avec celles aux questions d’autres internautes. Commençons par les deux premières.

1° Peut-on lire la Bible si l’on est catholique ?

Oui, on a toujours pu la lire quoique prétendent les Protestants. Simplement, les fidèles laïcs ne connaissaient pas, le plus souvent, le latin,encore moins le grec et l’hébreu, et n’y avaient donc pas directement accès. L’Eglise a longtemps été méfiante quant aux traductions non contrôlées des la Bible en langues courantes, les problèmes de traduction pouvant entrainer de graves déformations. C’est encore vrai. La Traduction œcuménique de la Bible est un travail commun entre catholiques, Protestants et Orthodoxes. La Bible de Jérusalem est une Bible catholique de très bon niveau. Nous recommandons ces deux-là. En outre, les Bibles protestantes manquent de tous les livres deutérocanoniques (écrits au départ en grec. Cf. https://reponses-catholiques.fr/livres-apocryphes-dans-la-bible-catholique/) de l’Ancien Testament et celles des Témoins de Jéhovah ont des versets tronqués. D’où la prudence de l’Eglise pour que les fidèles ne lisent pas n’importe quelle version.

Ensuite, la Bible est souvent un texte difficile et on le lit en groupe. Plutôt que de le lire seul, il vaut mieux la lire dans un groupe de partage biblique ou sur les conseils d’un accompagnateur spirituel. Plusieurs interprétations sont possibles et, être catholique, c’est accepter de se référer aux interprétations validées par l’Eglise catholique. On peut faire dire tout et son contraire à la Bible. Certains ont justifié une hiérarchie raciale, l’oppression des femmes ou des violences à partir d’interprétations tendancieuses de l’Ecriture. Comme le montre l’épisode de la Tentation au désert (Mc 1, 12), même le diable interprète la Bible. Il y a donc une manière juste de le faire, issue du consensus des théologiens et des évêques de l’Eglise, et des manières erronées, voire dangereuses.

Nous recommandons à quelqu’un qui veut la découvrir de commencer par l’Evangile de Marc, le plus court, pour avoir bien en tête le message évangélique (il se lit en 45 min). Ensuite, celui de Luc, qui axe sa théologie sur la Miséricorde, et les Actes de Apôtres, pour bien comprendre la naissance de l’Eglise. On tire plus de profit de celui de Mathieu en ayant quelques connaissances sur le judaïsme de cette époque, de même que pour celui de Jean. C’est un texte magnifique mais plus difficile. Il vaut mieux le lire en groupe. Ensuite, seulement, lire la Genèse, l’Exode et les livres historiques de l’Ancien Testament : Josué, Juges, 1 et 2 Samuel, 1 et 2 Rois, pour avoir l’histoire de la Révélation en tête. Les autres livres sont plus difficiles à lire seul. L’Apocalypse est vraiment à lire en étant accompagné, et, après avoir lu le Livre de Daniel dont il s’inspire largement, car il peut vraiment donner lieu à des interprétations ubuesques si on ne fait pas attention.

Il nous semble qu’il vaut mieux découvrir les psaumes en participant à des offices (laudes et vêpres) dans un monastère ou certaines paroisses. Et dans tous les cas, aller à la messe tous les dimanches, et même en semaine, permet de connaitre de nombreux textes expliqués par l’homélie. Avec la pratique régulière de l’oraison à partir d’un passage, c’est la meilleure manière de lire la Bible.

2° Que lire ?

Cela dépend bien sûr des goûts, du niveau intellectuel et des centres d’intérêt de chacun. Voici une sélection qui n’engage que nous :

  • Exégèse (étude de la Bible) : une valeur sûre est le Jésus de Nazareth de Benoît XVI. C’est un grand théologien qui a bien vulgarisé l’exégèse des Evangiles
  • Pour comprendre la Doctrine sociale de l’Eglise et ses prises de position sur des sujets actuels : Laudato si et Fratelli tutti (« Tous frères ») du Pape François. Sur la bioéthique, Evangelium vitae (l’Evangile de vie ») de St Jean-Paul II reste un texte de base
  • Pour entrer dans la spiritualité chrétienne : Ste Thérèse d’Avila reste un sommet de la mystique. Commencer par les Fondations ou la Vie (ou « Autobiographie »). Nous rappelons qu’Edith Stein, juive athée et première femme allemande à devenir docteur en philosophie, s’est convertie en une nuit en lisant la Vie, est devenue carmélite et est sainte patronne de l’Europe
  • Les récits de conversion peuvent aider à la découverte du christianisme. Les confessions de St Augustin ne sont pas faciles à lire mais c’est un classique, d’un des plus grands penseurs qui a formé la culture occidentale. Plus faciles à lire, des récits actuels comme Catholique anonyme de Thierry Bizot
  • C’est d’un niveau universitaire mais c’est une référence, l’Histoire des dogmes de Bernard Sesboué permet de comprendre la doctrine catholique et les débats théologiques entre différentes églises.
  • Enfin, nous nous mettons humblement dans le sillage de ces saints et glorieux aînés pour espérer que nos livres Cent réponses catholiques et Cent nouvelles réponses catholiques apportent des réponses adaptées à des questions bien concrètes des lecteurs du site.
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