Qui suis-je?

Je pense, mais qui suis-je ? que vient s’y ajouter l’imperfection de l’immédiateté pour les uns et les autres qui donne à chacun une courte vue du maillage des tenants, aboutissements et priorités de chacun des autres. C’est ce que nous découvrons scientifiquement depuis la fin du XIXe, la “diktyocénie” (de diktyo réseau) de la complexité, s’étendant aujourd’hui à la multitude du “pro multis” à travers le “per machina” de l’internet et le “plus machina” de l’adjuvance numérique. Nous sommes depuis Einstein dans un espace à quatre dimensions physiques, mais depuis toujours le temps a été pris en compte à travers la “Tradition” qui nous rend contemporains de tous et même de nos “avant”, ce qu’Ampère appelle le “mnème” l’ensemble des traces de notre passé qui affleure notre présent et conditionne nos possibles. La synodalité c’est sans doute de prendre en compte nos mnèmes communs et celui de l’Eglise.

 

« Qui suis-je » ? Voilà une question redoutable à laquelle différentes philosophies tentent de répondre. Nous ne prétendons pas apporter de réponse mais la foi chrétienne nous révèle une façon de cheminer avec cette question : regarder le Christ. Contempler le Christ ne nous dit pas forcément qui nous sommes mais ce que nous sommes appelés à être : des images de Dieu, d’un Dieu qui s’est incarné dans l’ « Ecce homo » (Jn 19, 5). Il est saisissant de voir sur un portail de la cathédrale de Chartres, une statue de l’ « Homme dans la pensée de Dieu ». On y voit les sculptures du Père et du Fils, et, derrière le Fils, Adam qui lui ressemble. C’est ce qu’a compris la Vierge Marie. Son Immaculée Conception lui permet, dans sa féminité, d’être le prototype d’une humanité conformée au Christ.

 

Une façon de déplacer la question n’est pas dans le « Qui suis-je » mais « Pour qui suis-je ? » « Tu as du prix à mes yeux et je t’aime » dit Dieu à Israël en Is 43, 4. Je suis celui ou celle voulu par Dieu, créé par Lui, à sa ressemblance, éligible à son salut. Bien sûr, le péché est venu se mettre en travers de ce dessein salvateur de Dieu. Et, par conséquent, « Où suis-je ? » « Adam, où es-tu », demande Dieu après la Chute (Gn 3, 9). Répondre à la question demande de trouver sa place dans le cœur de Dieu.

La réponse ne prétend pas se situer sur le terrain scientifique des Ampère et autres Einstein. Mais, effectivement, la Tradition de l’Eglise nous « rend contemporains de tous et même de nos “avant” ». Ce qui a fait dire au Pape François que « Le temps est supérieur à l’espace. »

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