Redécouvrir la foi après le zazen ?

Je demande à Dieu de croire à nouveau ayant perdu la foi en pratiquant le bouddhisme zen mais après avoir ressenti les bienfaits de la méditation (zazen) je n’ai pas adhérété à la réincarnation ni à certains rituels mais leurs principes sont universels, concrets et vivants. Il y a de très bonnes choses dans le bouddhisme et en tant que philosophie il me semble compatible avec le catholicisme. Comme j’étais une fervente pratiquante, j’ai lâché les pratiques car des “entorses” dites “péchés” par l’église (contraception , avortements et divorce) et un douloureux suicide de mon ex-mari, m’ont fortement déprimée me laissant seule avec 3 garçons . La pratique de la méditation zen m’a soulagée et j’ai mis en oeuvre les principes. Mais rien à voir avec la foi en Dieu, l’incarnation de son fils, la virginité de Marie, les “mystères ” résurrection de Jésus, ascension, assomption les “miracles” ou “légendes” etc … Les doutes m’ont envahi, j’aime toujours rentrer dans une église mais m’agenouiller, faire le signe de croix devant le tabernacle où se trouverait Dieu, me laissent indifférente. Et cette incrédulité a laissé un grand VIDE en moi, c’est pourquoi je demande à Jésus, je crois qu’il a existé, je peux me le représenter en tant qu’homme mais est-il fils de Dieu ? Je ne sais plus. Le “péché ” d’Adam et Eve, ” mais comment “allez, croissez et multipliez-vous pourrait-il s’accomplir sans ce “péché ” ? J’ai besoin de croire à plus grand que moi mais maintenant ma spiritualité me pousse vers la nature si belle si intrigante qui à la fois naît disparaît et renaît à chaque saison. Un mystère palpable complexe mais compréhensible. Et que dire des animaux qui l’habitent et s’invitent sur nos jardins et forêts pour s’y nourrir. Là est aussi la polémique : création de Dieu ou la théorie de Darwin ? “Heureux ceux qui croient sans avoir vu ” … je suis trop cartésienne et il n’y a que Dieu, s’il existe, et sous quelle forme ? Pour insuffler en moi la foi qui me délivrera de mes doutes car encore une fois… Je ne demande qu’à y croire pour me remplir à nouveau. J’ai besoin d’une spiritualité qui me dépasse…  « La nature a horreur du vide ». Merci pour votre écoute et j’espère votre aimable réponse.

Effectivement, ça n’a rien à voir. Nous nous réjouissons que cette lectrice cherche Dieu et la Vérité et prions qu’elle puisse être éclairée.

Il nous semble que quelques points pourraient lui permettre de se poser les bonnes questions. Elle a mis le doigt sur la différence majeure entre le bouddhisme et la foi chrétienne : le VIDE. La bonne question à se poser est : « est-ce que je vais mourir ou vivre ? » Tout le monde, toute chose, même l’univers va mourir, c’est une évidence scientifique. La belle nature qu’elle admire passe aussi.

Qui, quoi la sauvera de la mort ? Pierre dit « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle » (Jn 6, 69). Prend-on vraiment le poids de cette phrase ? Croit-on vraiment que Jésus nous sauve de la mort et nous ressuscitera ?

L’auteur de la question dira sans doute que non. Quel autre choix a-t-elle ? Elle a expérimenté la proximité de la mort à travers son deuil et le vide auquel débouche le zazen. Pourquoi ne pas se tourner vers le Vivant ? Quel risque prend-elle ?

Le Vivant, cependant, ne s’impose pas. Il faut le chercher. Puisqu’elle a l’expérience de la méditation, pourquoi ne cherche-t-elle pas à le rencontrer en oraison ? Les carmes ou les jésuites ont des écoles d’oraison qui, avec un peu de persévérance, permettent de dépasser cette « indifférence » et de faire une véritable expérience de Dieu. Si elle le sent, elle peut faire une retraite selon les Exercices spirituels de St Ignace. Nous garantissons qu’elle ne restera pas « indifférente » longtemps.

Par ailleurs, la remarque sur le péché et le « croissez et multipliez » nous fait soupçonner des idées erronées sur la théologie chrétienne. Peut-être qu’un catéchisme remontant à trop longtemps et maladroit a inculqué de fausses idées. Le christianisme est la religion de l’Incarnation, du corps Temple de Dieu. L’auteur de la question connait-elle la Théologie du corps ? Il y a fort à parier qu’elle verrait des préjugés contre la foi s’évanouir en la découvrant.

Les Parcours Alpha sont spécialement adaptés pour ceux qui veulent redécouvrir la foi catholique après une longue éclipse. Si la lectrice veut aller plus loin, elle peut creuser avec des cours de théologie dans des centres diocésains ou même une faculté catholique. En tous cas, la formation intellectuelle + l’expérience spirituelle l’aideront.

Enfin, nous n’entendons rien sur l’autre, le prochain, dans la question. En particulier les plus fragiles. La foi chrétienne est incarnée, nous l’avons dit. Toutes les techniques de méditation plus ou moins bien inspirées du bouddhisme (car les Occidentaux pratiquent souvent des méthodes qui n’ont plus grand-chose à voir avec le bouddhisme d’origine et son exigence) sont auto-centrées. Où est la charité dans cette démarche ? Ou même une « compassion », terme que les adeptes du bouddhisme affectionnent malgré la contradiction intrinsèque que ce terme comporte (car « com-pâtir », c’est « souffrir avec ». Et non se détacher de tout ressenti pour éviter la souffrance) ? Le Christ se rencontre dans les plus pauvres et les plus petits. Que l’auteur de la question s’engage, elle Le verra.

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