Relations homosexuelles et intolérance

Bonjour et merci pour votre site. Je rebondis sur l’une de vos dernières réponses sur les dérives de certains politiques, sur l’homosexualité en particulier. A titre personnel je suis évidemment convaincue de ce que l’homosexualité est contraire à l’ordre divin ; néanmoins face à quelqu’un qui argumenterait sur la tolérance, la liberté individuelle etc. et ses tendances personnelles quels arguments autres que celui-ci peut-on opposer mis à part le fait que l’église a toujours condamné l’homosexualité (je trouve plus facile d’argumenter sur l’avortement) ? Que dire à un jeune qui se « découvrirait » homosexuel ?

 

De fait, c’est un sujet délicat où il est difficile de ne pas blesser les personnes et d’être, en retour, agressé violemment. Cependant, certaines personnes sont honnêtes et sont prêtes à entendre la vérité, même si elle prend de front leurs pratiques. Pour commencer, il est faux de dire que l’Eglise est intolérante vis-à-vis des personnes ayant des relations homosexuelles. Ce sont les relations qui ne sont pas acceptées, pas les personnes. Pas même des attirances ou des tentations si rien n’est fait pour les encourager. En clair, c’est de passer à l’acte qui est critiquable. L’Eglise accueille les personnes, les aime, prie pour elles et leur proclame la vérité, fut-elle dérangeante.

 

Car si l’Eglise affirme que les relations homosexuelles ne sont pas un chemin de vie, c’est parce que toute la Bible, du début à la fin, le dit. Notre article https://reponses-catholiques.fr/leglise-et-lhomosexualite/ reprend différents textes qui le montrent, depuis la Genèse (l’histoire de Sodome) jusqu’à l’Apocalypse, en passant par le Lévitique, la Lettre aux Romains etc. L’Ecriture est Parole de Dieu et l’Eglise ne peut pas dire autre chose, sous prétexte de s’adapter aux normes sociales du moment.

 

Bien sûr, certains théologiens tentent d’interpréter la Bible de façon différente, en montrant en particulier que c’est la violence qui est dénoncée à propos de Sodome, pas les rapports homosexuels en tant que tels. Mais justement, ce que le texte nous dit, c’est que les relations entre personnes de même sexe sont le plus souvent sources de violence. Il y a un dominant et un dominé. D’ailleurs, l’homosexualité n’était autorisée chez les Grecs et les Romains qu’entre deux personnes de statut social différent. Jamais sur un mode égalitaire. De même, les sociétés qui ont promu l’homosexualité ont souvent été violentes, en particulier vis-à-vis des femmes et des plus faibles : les Aztèques, les Samouraïs, les SA. Que la violence soit de nos jours sous forme d’emprise ou d’influence plutôt que brutale n’empêche pas qu’elle est bien présente.

 

On pourrait rétorquer que c’est vrai aussi dans un couple homme-femme. Cependant, la différence est que la différence sexuelle, justement, met une limite à cette aliénation : chacun a toujours son jardin secret, irréductible et inatteignable à l’autre. Même le macho le plus brutal ne peut pénétrer dans une certaine intimité et une sphère de la femme sur lesquelles il n’a aucune prise.

 

Ce qui nous amène à la question de l’altérité. En Gn 1, 26, c’est le couple homme-femme qui est l’humanité à l’image de Dieu. C’est cela que sacralise le Sacrement du Mariage. Un couple de même sexe ne permet pas l’altérité féconde, l’accueil de la différence radicale de l’humanité, d’où jaillit la vie. Et nous ne parlons pas que des enfants : la société se bâtit sur cette altérité et cette complémentarité homme-femme. Nos entreprises et nos politiques qui promeuvent la parité le savent bien.

 

On pourrait objecter qu’il existe des couples de personnes de même sexes aimants et ne se faisant pas violence mutuellement. Néanmoins, l’Eglise catholique, toujours à la suite de la Bible, proscrit les relations hors-mariage. Saint Paul les appelle la porneia (mot qui a donné « pornographie »), la fornication. Toute personne non mariée doit être chaste. C’est vrai pour les relations sexuelles quelles qu’elles soient.

 

Dans ce cas, nous dira-t-on, marions-les ! Déjà, cela signifierait que chacun des « époux » soit totalement fidèle. On le sait, statistiquement, les personnes ayant des relations homosexuelles ont bien plus de partenaires que les autres. Plusieurs études sociologiques (rarement françaises et rarement criées sur les toits, il est vrai) mais aussi des observations en matière de santé publique en font état. Donc, une fidélité absolue reste peu probable. Mais même en imaginant deux personnes du même sexe fidèles l’une à l’autre toute leur vie, leur mariage sera fermé à l’une des quatre conditions du mariage chrétien : l’ouverture à la vie. Elles refusent, en effet, de donner la vie dans le mariage, sans être stériles. Pour avoir des enfants, elles tombent alors dans les trafics et les artifices de la PMA ou la GPA, avec de nouvelles violences sur les plus faibles : les enfants orphelins soit de père, soit de mère, fabriqués et achetés et les femmes pauvres.

 

Pour terminer, revenons sur deux points : d’une part, s’agissant de la tolérance. Elle doit être pour tous. Or, de Néron aux militants LGBT actuels, bien des personnes ayant des relations homosexuelles ont commis des violences sur les chrétiens et les Juifs. C’était vrai aussi pour l’empereur Hadrien qui a expulsé les Juifs de Jérusalem, interdit la circoncision et persécuté les chrétiens, tout en faisant diviniser son esclave favori ; pour le grand inquisiteur Inoué qui a exterminé les chrétiens du Japon ; pour le roi Mwanga II qui a fait brulé vifs Charles Lwanga et ses compagnons qui refusaient de se laisser violer, pour Nicholas Guttierez, l’assassin de Marie Stachowicz, qui l’exhortait à réordonner sa vie sexuelle. Jusqu’aux profanations d’églises par des militants LGBT le weekend dernier.

 

Deuxièmement, rappelons, encore une fois, que personne n’est irréductible à ses actes. Personne n’est « homosexuel ». Des personnes ont des relations avec des partenaires de même sexe, parfois toute leur vie. Mais d’autres font un chemin de conversion et réordonnent leur vie. Cf. à ce propos nos articles :https://reponses-catholiques.fr/misericorde-pour-un-mineur-homosexuel-tres-actif/; https://www.reponses-catholiques.fr/bisexualite-et-salut/; https://reponses-catholiques.fr/mariage-civil-non-consomme-et-homosexualite-ou-non/; https://reponses-catholiques.fr/ce-que-pense-dieu-de-lhomosexualite/.

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Commentaires

  1. Mertl Pierre

    Bonjour,

    Je vous remercie pour la qualité de votre site, pour sa pertinence compte tenu des difficultés actuelles à rendre compte de notre foi. J’ai trés intéressé part les réponses que vous proposez.

    A mes yeux la réponse la plus objective reste celle-ci (que vous évoquez) : notre humanité, telle que l’Ecriture (AT et NT) nous le révèle, s’est construite sur le modèle Homme-Femme. Cette réalité, si on peut parler ainsi, est un don que nous avons reçu, auquel nulle construction humaine n’a pris part de façon volontaire, du moins lors de la Création. Plus encore, c’est à partir de cette complémentarité que l’humanité s’est développée. L’homosexualité est donc le produit de la liberté dévolue à l’homme, une élaboration culturelle qui va à rebours de la nature humaine. Vouloir préserver cet ordre, c’est bien entendu respecter la loi de Dieu, mais aussi la loi naturelle si on veut rester sur un plan humain. Or, il est intéressant de souligner que les promoteurs de l’homosexualité sont pour la plupart simultanément des militants de l’écologie dénonçant violemment la destruction de la nature par l’Homme. Contradiction. Pour les autres arguments que vous développés, il me semble en revanche difficilement recevables, non pas qu’ils sont faux mais plutôt soumis plus facilement à contestation car non observables de façon objective et précise (infidélité, violences,…) ; même si ce n’est pas ahurissant de le dire car de nombreux exemples à l’œil nu peuvent alimenter cette intuition. Ensuite, pour les épisodes d’extrêmes violences dans un lointain passé, ils sont intéressants à rappeler mais sont davantage une objection à la critique (et ce mot est léger) faite à l’Eglise Catholique d’être intolérante et dominante. Enfin, vous avez bien raison de mettre en valeur la nécessaire distinction entre la personne et ses comportements et donc le respect dû à la personne. C’est tout à notre honneur. Merci encore.

  2. Alex

    Comment reconcilier ce conflit entre Etat et Eglise en sachant que tout le monde ne partage pas nos convictions sur l homosexualite, l avortement, PMA et autres sujets d ethique. Meme les personnes qui se revendiquent catholiques divergent sur ces sujets. En tant que catholiques, nous aimerons voir les Etats gouverner dans le respect de la loi divine et naturelle. Legiferer conformement a la foi catholique ne serait pas imposer nos convictions sur les autres qui ne les partagent pas forcement? Saint Jose Maria Escriva parle de la ”Sainte coercition” dans son livre chemin dans un context different. Exist il une “sainte coercition” dans le cas de l homosexualite par example? Comment cela ne violerait pas le fait qu on ne force pas les gens a devenir catholiques ou adopter ses convictions ? Dans votre article du 17 aout 2022 intitule ”Dieu est il mauvais ?”, vous affirmiez que ” …chacun est libre de croire ce qu’il veut mais, enfin, un chrétien croit en la Parole de Dieu”. Ou se termine cette liberte de croire en ce que lon veut ?

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