Rentrer dans les ordres à 53 ans?

Je ressens depuis plusieurs années un appel pour rentrer dans les ordres mais j’ai 53 ans. Est-ce possible à cet âge ?

Il n’y a pas de réponse toute faite car cela dépend de l’ordre. Nous avons eu vent d’un prêtre chinois ordonné à 90 ans (et est mort à 100) et une religieuse qui a fait ses vœux définitifs à 98 ans. Donc il n’y a pas de limite d’âge canonique.

Cependant, plusieurs congrégations fixent une limite : 30 ans, 35 ans, 40 ans, selon les instituts. La tendance pour les vierges consacrées en France est de ne plus consacrer une femme après 50 ou 60 ans.

L’idée est qu’une vocation consacrée n’est pas un « plan B » alternatif quand on ne pense plus avoir de chances de se marier. Suivre le Christ dans le célibat consacré, cela doit être le « plan A ». En outre, certaines congrégations estimeront qu’avoir ressenti un appel depuis « plusieurs années » et n’avoir pas franchi le pas n’est pas non plus bon signe pour persévérer dans la vie consacrée. Ce qui a fait hésiter aussi longtemps risque d’être un obstacle compliqué à surmonter.

De plus c’est une vie difficile à plusieurs titres, qui implique de très forts renoncements. Plus on y vient tard, plus c’est ardu de s’adapter à ce mode de vie, qu’il soit monastique, apostolique ou diocésain.

Mais, encore une fois, c’est possible. Le mieux est :

  • D’abord de discerner avec un accompagnateur spirituel et le service de vocation du diocèse
  • Faire des stages dans 3-4 lieux (pas plus, mais pas un seul non plus pour éprouver son choix) où l’auteur de la question se verrait bien entrer
  • Faire ensuite une retraite d’élection
  • Candidater vers la congrégation ou le séminaire en premier choix.

Au final, c’est l’Eglise qui a le dernier mot, en la personne du supérieur de la communauté ou le recteur du séminaire choisi. Ce sera donc à lui de voir si l’âge est un obstacle.

Rappelons enfin qu’ « entrer dans les ordres », ce peut être l’Ordre des diacres pour un homme, en devenant diacre permanent. Ou l’Ordre des vierges pour les femmes, là aussi en restant chez soi et en gardant son travail. Et que de nombreux instituts séculiers, tiers-ordres et communautés nouvelles permettent à des laïcs d’avoir une vie de foi profonde et de s’engager fortement au service de l’Eglise.

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