Toucher des allocations chômage sans chercher de travail ?

Je me pose la question de prendre quelques mois sabbatiques, voire une année entière, non pas par paresse mais parce que je souhaite avoir un temps pour réfléchir et aussi avoir plus de libertés pour apprendre sérieusement des choses qui me tiennent à cœur. L’idée n’est donc pas de chômer pour chômer et je pense être bien occupé pour ce temps. Or je dispose de droits au chômage qui me rendraient bien service et qui me permettraient même cette liberté, en partie. Or mon idée étant de ne pas reprendre d’emploi dans un premier temps, je me pose la question de savoir s’il est moral de m’inscrire à pôle emploi tout en sachant que les allocations qui me seraient versées doivent logiquement m’aider le temps de trouver un emploi. Or je ne serais pas dans une recherche active d’emploi durant cette période. De leur côté, je doute très fortement qu’ils puissent me trouver un emploi qui corresponde à ce que je fais actuellement là où j’habite, donc il n’y a pas de “risque” qu’ils me proposent quelque chose que je doive refuser. J’ai donc théoriquement tout à fait droit de toucher ces allocations, mais mon objectif n’est pas de retrouver un emploi à court terme. Que penser de cette situation ? C’est une question un peu technique et vous n’avez pas tous les éléments, donc j’ai conscience que ce n’est pas facile de répondre à cette question.

C’est, en effet, un dilemme éthique qui n’est pas facile. A priori, toucher des allocations chômage quand on n’a pas l’intention de travailler n’est pas moral.

Ceci dit, on peut aussi approfondir un peu les choses. D’une part, l’auteur de la question a cotisé pendant qu’il travaillait. Cela ne lui donne pas un droit de tirage pour prendre des vacances mais ce n’est pas neutre. D’autre part, la question évoque un temps de réflexion et d’apprentissage. Est-ce que ces réflexions et ces « choses » qui seront apprises pourront avoir un lien, même indirect, avec une activité professionnelle ? Par exemple, une réorientation de vie profonde, un changement de métier ? Une pause pour éviter un épuisement professionnel ? Prenons un exemple encore plus concret : une formation philosophique ou théologique n’aura peut-être pas d’application « technique » directe. Mais elle constitue un développement de la personne qui aidera à mieux exercer son métier, quel qu’il soit, avec un rapport aux autres et une éthique plus ajustés.

La question se pose aussi de la manière de quitter son emploi en cours : démission ? Rupture conventionnelle ? Il ne semble pas qu’il y ait a priori de menace de licenciement. Il faut bien sûr être prudent pour être sûr d’avoir droit aux allocations. N’y a-t-il pas d’autres manières de prendre ce temps hors travail ? Année sabbatique (normalement non rémunérée) ? Pourquoi ne pas creuser les possibilités d’un congé de formation ou de reconversion, quitte à négocier avec son employeur qu’il soit au moins partiellement rémunéré ?

Enfin, la vertu de prudence doit être prise en considération. Quelles sont les chances de retrouver un emploi et de ne pas être un fardeau volontaire pour la solidarité nationale après ce temps sabbatique ? Quitter son emploi ainsi n’est pas prudent et une année sabbatique officielle le serait bien sur un moyen-terme.

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